Ce que j'emmène à chaque vol (et ce que je vois manquer chez les autres)
Après des milliers de vols, mon sac est toujours organisé de la même façon. Pas de superflu, pas d'oubli. Voici les accessoires que je considère comme essentiels — avec mes recommandations concrètes, pas un catalogue générique.
1. Le vario : vos yeux dans l'invisible
Sans variomètre, vous êtes sourd aux thermiques. C'est l'instrument de base, celui qui transforme le vol en quelque chose d'intelligent. Les modèles récents intègrent GPS, altimètre, cartes — mais honnêtement, un bon vario sonore suffit pour 90% des pilotes. Si vous débutez, un Flymaster GPS SD ou un Compass C-Pilot feront parfaitement l'affaire sans casser la tirelire. Les pilotes de cross se tournent vers des instruments plus complets comme le XCTracer ou l'Oudie de Naviter.
2. Le casque : pas celui du ski
J'insiste : un casque homologué EN 966, spécifique au vol libre. Pas un casque de vélo, pas un casque de ski, pas un casque de chantier. Le vol libre a ses propres types d'impact (arrière de la tête à l'atterrissage, chocs latéraux en soaring). Un casque certifié, c'est entre 80 € et 250 €. Le prix d'une radio de sortie. Et ça protège un truc irremplaçable.
3. Les gants : vos meilleurs amis l'hiver
En dessous de 5°C en altitude, piloter les mains nues relève du masochisme. Mais attention : des gants trop épais tuent la sensibilité aux commandes. Je recommande des gants de parapente spécifiques (Supair, Niviuk) ou à défaut, des gants de vélo hiver fins. Le compromis chaleur/sensibilité, c'est toute la question.
4. Le coupe-vent : votre couverture de survie
À 2 000 m, la température peut chuter de 15°C par rapport au sol. Un coupe-vent technique qui tient dans la paume de la main peut transformer un vol pénible en moment agréable. Je ne décolle jamais sans, même en été. L'été, surtout — les ascendances peuvent vous monter bien plus haut que prévu.
5. Les chaussures : montantes, non négociable
L'atterrissage en parapente, c'est une course à 15 km/h dans l'herbe (au mieux). Des chevilles non protégées, c'est un entorse qui vous attend. Des chaussures montantes de rando légères, c'est le minimum. Et si vous faites du hike & fly, c'est vos chaussures de montée qui seront vos chaussures de vol — deux problèmes réglés d'un coup.
6. La radio : pas un gadget
En vol de distance, la radio VHF permet de prévenir les autres pilotes, de communiquer avec le récupérateur, de signaler un problème. En école, c'est le lien avec votre moniteur au sol. Même en vol solo local, avoir une radio chargée et allumée sur la fréquence du site, c'est une habitude de sécurité qui peut vous sauver la mise un jour.
7. Un bon sac : pas un sac poubelle
Sérieusement, le nombre de pilotes que je vois bourrer leur voile dans un sac-à-dos de randonnée informe... Un sac de parapente bien conçu protège votre voile des accros, répartit le poids sur vos hanches, et s'ouvre facilement au décollage. Si vous avez investi 3 000 € dans une voile, ne la rangez pas dans un sac à 15 €.
8. L'eau : buvez avant d'avoir soif
En altitude, l'air est sec. La déshydratation arrive vite et altère la concentration et la prise de décision. Une poche à eau de 1,5 L avec un tuyau accessible, c'est obligatoire pour les vols de plus de 45 minutes. Et croyez-moi, quand vous êtes calé dans un thermique à 3 000 m sans possibilité de vous poser, vous serez content de pouvoir boire.
9. Les mousquetons : les pièces dont personne ne parle
Vos mousquetons de liaison voile-sellette sont les seules pièces qui vous relient physiquement à votre aile. Ils doivent être certifiés, verrouillés, et inspectés à chaque pré-vol. Un mousqueton qui s'ouvre accidentellement en vol... je vous laisse imaginer. Privilégiez les mousquetons à verrouillage automatique. Et changez-les tous les 5 ans ou dès qu'ils montrent des signes d'usure.
10. Le truc que personne ne met dans son sac
Un sifflet. Oui, un sifflet. Si vous vous posez en vache dans un coin inaccessible, blessé, avec un téléphone sans réseau, un sifflet s'entend à des centaines de mètres. Ça pèse 5 grammes, ça coûte 2 €, ça peut alerter les secours. Je l'ai accroché sur la sangle de ma sellette depuis 1998 et je ne l'ai utilisé qu'une fois — mais cette fois-là, ça valait le coup.
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Fly safe,
Cyrille MARCK et l'équipe Rid'Air/CEM