Guide Hike & Fly — Matériel & conseils
Marche et vol : montée à pied, décollage en montagne. Légèreté du matériel primordiale.
Le hike & fly, c'est le parapente dans sa forme la plus pure
Le hike & fly — la marche et vol pour les puristes — c'est partir du fond de la vallée avec tout votre matériel sur le dos, grimper au sommet par vos propres jambes, puis vous envoler. Pas de remontée mécanique, pas de navette, pas de fil d'attente au déco. Juste vous, le caillou, et le moment où vous décollez sur une crête que vous venez de gravir à la sueur de votre front. C'est exigeant, c'est addictif, et croyez-moi : quand vous gonflez votre voile au sommet après deux heures de montée, le vol qui suit n'a pas le même goût que celui que vous faites en sortant de la voiture au parking du déco.
Au CEM, sur le Markstein, on pratique le rando-vol depuis des décennies — bien avant que ça devienne à la mode. Mon père Philippe a ouvert l'école en 1977, et marcher pour voler, c'était déjà notre quotidien quand les sellettes pesaient des tonnes et que le mot « light » n'existait pas dans le parapente. Aujourd'hui le matériel a changé du tout au tout, mais la logique reste la même : chaque gramme se paie à la montée, et chaque gramme économisé ne doit jamais l'être au détriment de votre sécurité. C'est tout l'art de l'affaire, et c'est exactement ce qu'on va dérouler ici.
Le matériel : alléger sans devenir téméraire
En hike & fly, l'objectif est de réduire le poids total sans toucher à la marge de sécurité. Il y a trois postes qui font le gros du sac : la voile, la sellette, le secours. On les passe en revue un par un, parce que c'est là que se jouent tous les compromis.
La voile light : le poste qui change tout
C'est elle qui dicte le poids de votre sac et le caractère de votre vol. Les voiles light pèsent grosso modo entre 2,5 et 4,5 kg selon la catégorie et la taille, contre 5 à 6 kg pour une voile loisir classique. Le gain vient des tissus fins (du Skytex 27 g voire moins), des suspentes gainées Dyneema/aramide et parfois de joncs Nitinol sur le bord d'attaque. Voici comment ça se découpe :
- Single-skin (mono-surface) : 1,5 à 2,5 kg. Ultra-légères, elles tiennent dans un sac à dos de rando classique. En contrepartie, la finesse plafonne autour de 6-7 et le confort en l'air reste rustique. Parfaites pour la descente après une grosse course à pied, beaucoup moins pour exploiter un thermique.
- EN A light : 3 à 4 kg. Le compromis sécurité/poids le plus rassurant. Si vous débutez le hike & fly ou que vous volez peu souvent, c'est un excellent point de départ.
- EN B light : 3 à 4,5 kg. Le choix le plus populaire, et de loin. 80 % des pilotes volent en EN-B, et la version light vous offre de vraies performances pour enrouler un thermique de montagne et prolonger le vol. C'est le cœur de cible du rando-vol moderne.
- EN B+ / C light : 4 à 5 kg. Pour les pilotes expérimentés qui veulent performer en montagne, taper du cross depuis le sommet, allonger les transitions. Réservé à ceux qui ont déjà du métier et un pilotage actif solide.
Un point que je martèle à chaque conseil : une voile plus légère n'est pas une voile plus dangereuse en soi, mais elle est souvent plus exigeante au sol. Les tissus fins se gonflent plus nerveusement, encaissent moins bien les frottements sur le caillou et demandent un pliage soigné. Restez dans votre catégorie d'homologation habituelle. Le hike & fly n'est pas le moment de monter en gamme « parce que c'est plus léger ». Si vous volez EN-B, prenez une EN-B light. Point.
La sellette légère : confort contre grammes
Là, deux grandes familles s'affrontent, et le choix dépend vraiment de votre pratique :
- Sellettes string / ultralight (0,5 à 1,5 kg) : une sangle simple, parfois sans véritable assise, avec une protection dorsale mousse fine. Le minimum vital. Génial pour les vols courts de descente, mais sur un vol thermique d'une heure, vous allez sentir passer chaque minute.
- Sellettes light avec airbag (2 à 3 kg) : confort réel et protection dorsale digne de ce nom. Pour la majorité des pilotes qui veulent vraiment voler après la montée, et pas juste redescendre, c'est ce que je recommande. Le kilo en plus, vous l'oubliez vite quand vous êtes confortablement installé à 2 000 m.
Le secours léger : la ligne rouge à ne JAMAIS franchir
On peut tout alléger, tout optimiser, gratter des grammes partout — sauf une chose. Le parachute de secours n'est pas négociable. Même en hike & fly, même pour un petit vol de descente, même quand vous êtes fatigué et que vous regardez votre sac en vous disant « bah, juste cette fois ». Non. Les secours light pèsent 0,8 à 1,5 kg et se logent dans n'importe quelle config moderne. C'est le poste sur lequel personne de sérieux ne fait l'impasse. J'ai vu trop de situations en montagne où ce kilo a tout changé. Et tant qu'on y est : faites plier votre secours régulièrement — on s'en occupe à l'atelier, c'est exactement notre métier.
Poids total : des objectifs réalistes selon votre profil
Avant de fantasmer sur le sac à 4 kg des compétiteurs de Red Bull X-Alps, posons des chiffres honnêtes. Voici les trois grandes configurations qu'on rencontre sur le terrain :
| Configuration | Poids total | Profil pilote | Type de vol visé |
|---|---|---|---|
| Ultra-minimaliste | 3 à 4 kg | Expert aguerri | Single-skin + sellette string, descente après grosse course |
| Light confort | 5 à 7 kg | Pilote confirmé | EN-B light + sellette airbag, vol thermique après montée |
| Standard polyvalent | 7 à 10 kg | Pilote régulier | Matériel light mais durable, usage mixte rando + sites |
Mon conseil de vieux routard : ne visez pas le sac le plus léger possible dès le départ. Visez le sac qui correspond à votre niveau réel et à vos vols réels. Un pilote qui s'achète une config ultra-minimaliste pour faire son premier hike & fly se retrouve avec une voile nerveuse et une sellette inconfortable — c'est le meilleur moyen de vous dégoûter. Pour bien comprendre où vous situer en termes de voile, jetez un œil à notre comparatif des parapentes EN-B : c'est la catégorie qui couvre l'immense majorité des besoins en rando-vol. Et si vous débutez vraiment, le comparatif EN-A vous montrera les voiles les plus tolérantes.
La préparation physique : vos jambes sont votre moteur
On l'oublie souvent, mais le hike & fly, c'est d'abord de la montagne. Monter 800 à 1 200 m de dénivelé avec 8 kg de matos sur le dos, plus l'eau, plus la bouffe, plus les fringues, ça ne s'improvise pas. Si vous êtes essoufflé et tremblant au sommet, votre décollage va s'en ressentir : un gonflage raté, une mauvaise lecture du vent, et la fatigue qui brouille le jugement. La condition physique fait partie intégrante de la sécurité.
- Entraînez-vous progressivement : commencez par des montées courtes avec le sac chargé avant de viser les gros sommets.
- Hydratation et nutrition : la montée puis le vol consomment énormément d'énergie. Prévoyez de l'eau et des barres, même pour une « petite » sortie.
- Gérez votre rythme à la montée : arriver frais au déco vaut mieux qu'arriver vite et cuit. Le vol récompense ceux qui montent intelligemment.
La sécurité en montagne : là où ça ne pardonne pas
Le décollage en montagne, ce n'est pas le déco aménagé et tondu de votre site école. C'est souvent une pente caillouteuse, un vent irrégulier qui tourne, des rotors derrière les crêtes, une fenêtre météo qui se referme en vingt minutes. La meilleure voile light du monde ne vous sauvera pas d'une mauvaise décision. Quelques règles que j'applique sans exception :
- Repérez votre décollage pendant la montée : visualisez l'orientation, la pente, les obstacles, le plan B si le vent tourne.
- Vérifiez la météo locale et en altitude : en montagne, les conditions changent vite et fort. Une brise de vallée gérable au parking peut devenir musclée à 2 000 m.
- Testez votre matériel au sol avant chaque saison : gonflage, fermeture du sac, réglages sellette. On ne découvre pas un problème au sommet.
- Prévenez quelqu'un de votre itinéraire et de votre heure de retour prévue. En montagne, ça peut faire la différence.
- Sachez renoncer. Le meilleur vol est parfois celui qu'on ne fait pas. Redescendre à pied, c'est frustrant ; ça reste infiniment mieux que de se mettre en l'air dans des conditions pourries.
Les spots : où se faire les jambes (et les ailes)
La France est un terrain de jeu rêvé pour le hike & fly. Les Alpes offrent du dénivelé à profusion et des sommets accessibles à pied avec des décollages naturels superbes — du Dévoluy au Vercors en passant par la Haute-Savoie. Les Pyrénées ont des reliefs splendides et des conditions thermiques généreuses. Et puis il y a nos Vosges, plus douces mais idéales pour débuter le rando-vol sans se mettre tout de suite dans le grand bain alpin : le massif autour du Markstein se prête très bien à des sorties marche et vol accessibles, et c'est là qu'on emmène nos pilotes faire leurs premières armes.
Quel que soit le massif, la règle d'or reste la même : renseignez-vous sur les règles d'accès, les zones de vol, les espaces protégés et la réglementation locale avant de partir. Un site qui se vole l'été peut être interdit l'hiver pour la faune. Et tant qu'à faire, partez la première fois avec quelqu'un qui connaît le coin.
Notre recommandation Rid'Air
Pour 90 % des pilotes qui se lancent dans le hike & fly, voici la config que je conseille les yeux fermés : une voile EN-B light dans votre fourchette de poids habituelle, une sellette light avec airbag pour rester confortable sur les vols thermiques, et un secours light bien entretenu. Vous êtes à 5-7 kg, vous montez sans souffrir mille morts, vous volez pour de vrai, et vous gardez toutes vos marges de sécurité. C'est l'équilibre gagnant.
Chez Rid'Air, on ne vous vend pas la config « la plus light » pour faire joli sur la fiche technique. On vous vend celle qui correspond à VOTRE pratique. Je suis pilote pro, pas un vendeur lambda : on prend le temps de discuter de votre niveau, de vos sorties, de votre PTV avant de vous orienter. Notre atelier s'occupe du pliage de votre secours et des réparations, on expédie vite, et oui — on reste les moins chers du marché sur tout. Si vous n'avez pas besoin d'une voile light parce que vous ne marchez jamais, on vous le dira aussi : gardez vos sous.
Pour creuser le sujet voisin du vol depuis les sommets sans forcément chercher la perf, lisez notre guide du vol rando : c'est l'approche cousine, plus randonnée que vol pur. Et pour choisir une marque adaptée au light, parcourez nos marques partenaires ou passez directement par la boutique pour voir les modèles disponibles.
Besoin d'un conseil personnalisé pour monter votre première config hike & fly ? Découvrez notre sélection de matériel light en boutique, ou contactez-nous pour qu'on cale ensemble l'équipement parfait selon votre niveau et votre PTV. Et si vous passez dans le coin, venez essayer et discuter à Oderen — c'est toujours mieux de voir le matériel en vrai et de papoter parapente autour d'un café.
Fly safe,
Cyrille MARCK et l'équipe Rid'Air/CEM
Matériel recommandé pour le hike & fly
Niviuk Roller 2
Ozone Geo 7
Ozone Wisp
Advance PiBi
Niviuk Hook 6 P
Ozone Swift 6
Advance Epsilon DLS
AirDesign Soar 2
AirDesign UFO
AirDesign Susi 4
Advance Omega ULS
Ozone LiteSpeed 3
Air Design Livi
Nova Mentor 7 Light
Air design Ronin
Way Gliders LACY 2 HF - Parapente EN A Light
Advance Theta ULS
Ozone Ultralite 5
Ozone Lyght